L’Annulaire – Ogawa Yôko

L’Annulaire est une novella publiée en 1999 chez Actes Sud en France, écrite par Ogawa Yôko, une auteure que j’apprécie particulièrement, étant donné que je pense dévorer toute sa bibliographie (et j’espère pouvoir traduire une de ses œuvres en français un jour…).

l'annulaire

Résumé :

Dans un ancien foyer de jeunes filles transformé en laboratoire, M. Deshimaru, taxidermiste du souvenir, prépare et surveille des « spécimens », tandis que la narratrice de ce récit, assistante et réceptionniste, accueille les clients venus confier au mystérieux spécialiste d’insolites bribes de leur histoire : des ossements d’oiseau, quelques champignons microscopiques, une mélodie, une cicatrice…
Amputée d’une infime partie d’elle-même depuis un accident du travail, la jeune assistante tombe peu à peu sous le charme du maître de ce lieu de mémoire malsain et fascinant.

« Malsain et fascinant », je pense que ce sont les deux mots qui correspondent le mieux à cette novella. Les deux personnages principaux ont des relations un peu étranges selon moi, à la limite d’une relation abusive parfois. Les espaces dégagent également une atmosphère un peu oppressante dans le sens où ils sont à la fois totalement inconnus de notre réalité, et qu’ils s’y passent des choses qui dépassent également notre réalité. Autour de ce laboratoire de « spécimens » réside un énorme point d’interrogation. A quoi sert-il ? Pourquoi existe-t-il ? On est même en droit de se demander ce qu’est un « spécimen », ce mot qui est mis entre parenthèse dans le résumé-même.

Il me semble qu’on peut qualifier cette novella d’un livre mystère. Non pas que se trouve à l’intérieur une énigme à résoudre, c’est le livre lui-même qui est l’énigme. Un livre qui traite du souvenir, de l’oubli, de la disparition à travers un univers imaginaire incroyablement unique. C’est un livre ambivalent, qui ne nous laisse pas le loisir de nous sentir tout à fait à l’aise quand on le lit. On ne sait pas comment se positionner, que ce soit par rapport aux personnages et à leur relation, par rapport aux spécimens, aux clients qui viennent, à la fin même de l’histoire. On ne sait pas si l’on peut être soulagé ou non une fois l’avoir terminé. Il laisse une impression de vide, comme si en rangeant le livre dans notre bibliothèque, nous en faisions notre propre spécimen à exposer, et qu’il resterait là, sur l’étagère.


Il existe également un film tiré de cette novella, paru en 2005 par Diane Bertrand avec Olga Kurylenko dans le rôle principal. Il est vraiment bien tourné, retranscrivant à merveille l’atmosphère ambivalente qui règne et le caractère des personnages. Je l’ai beaucoup apprécié, j’espère que vous l’aimerez tout autant.

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